Petit-fils de son grand-père, Chris Ileo: «Le Congo mérite mieux que ce que nous lui offrons… Et j’y crois fermement!»

Chris Ileo Yoka

Avocat et Secrétaire Général du Parti Ensemble Changeons le Congo (ECCO), Chris Ileo Yoka commente les 60 ans de l’Indépendance de la RD Congo, à laquelle son grand-père, Joseph Ileo Songo Amba, prit une part active au sein du groupe de la «Conscience Africaine», et au sein du Mouvement National Congolais, aux côtés de Patrice Lumumba. Aussi époussette-t-il les vieux souvenirs de petit-fils , avant de donner la vision de son parti, ECCO. Entretien.

Quel bilan faites-vous de 60 ans d’Indépendance de la RDCongo en tant que Congolais et en tant qu’homme politique?

D’emblée, je dirai que le bilan n’est certes pas reluisant, mais je suis de ceux qui croient que le Congo mérite mieux que ce que nous lui offrons… Pour dresser ce bilan de ces soixante ans, il faut, avant tout, prendre conscience de notre Histoire, et l’assumer pleinement. C’est en tirant les leçons du passé que l’on peut aisément se projeter dans l’avenir pour corriger les erreurs d’antan, sachant que l’Histoire a tendance à se répéter dans notre pays.

Aussi, faut-il indiquer, en tant que citoyen congolais et acteur politique, que ce qui a manqué à la Nation, et même à ce jour d’ailleurs, ce sont de véritables programmes de développement axés sur l’intérêt supérieur du Congolais. En effet, il nous a manqué cruellement de stratégies d’anticipation, au-delà des guerres intestines de positionnement ayant longtemps gangrené notre pays. C’est pour cela qu’à travers notre parti politique ECCO, nous proposons une nouvelle manière de faire la politique, pas celle d’invectives ou de positionnement, mais celle d’avoir la capacité d’anticiper sur les évènements, et de proposer des solutions à court, moyen et long termes aux problèmes réels de la population. Et, nous y croyons fermement!

Chris Ileo Yoka jouant son rôle de Secrétaire de ECCO, dans la circonscription de Lukunga(Kinshasa/RDC)

Quels souvenirs gardez-vous de votre grand-père?

Il faut dire que j’étais très jeune lorsqu’il est décédé. Mais tous les jours après l’école, je passais mes journées chez lui, je le voyais présider les réunions de son parti, le Parti Démocrate et Social Chrétien, recevoir ses hôtes de marque… Surtout le respect dont il était l’objet! Bref, c’était un homme de bien, d’une simplicité remarquable, attaché aux valeurs chrétiennes, d’une sagesse profonde, mais surtout un père et un grand-père aimant. J’ai alors beaucoup appris de lui, surtout en grandissant. Déjà à l’école, on nous enseignait sur ces réalisations, particulièrement sa contribution et sa lutte pour l’accession à l’Indépendance de notre pays. Sur ces entrefaites, j’ai par contre vécu ses peines, car il a, à deux reprises, échappé à la mort; et ce uniquement par la grâce divine…Cela m’avait particulièrement affecté, mais son calme, sa détermination, son assurance et sa confiance en Dieu nous redonnaient le moral. Jusqu’à ce jour, partout où je passe, j’ai un bon témoignage de lui. Et c’est pour moi, autant que pour toute la grande famille Ileo, une lourde responsabilité de porter son nom. A ce jour, je suis le seul à être engagé dans la politique active. J’ai hérité de mon défunt père, Jean-Baptiste Ileo Ngoyi, toutes les archives de Monsieur Joseph Ileo Songo Amba. Une richesse politique inouïe!

Que vous inspire cette propension à déboulonner systématiquement les statues de Léopold II? Pourriez-vous imaginer la réponse de votre grand-père à cette question?

Comme je l’ai précédemment indiqué, le Congo a une histoire qu’il faut accepter et assumer.C’est déjà un pas pour la Belgique que de reconnaître, avec regrets, le tort causé des années durant au peuple congolais. Karl Marx disait que «celui qui ne connaît pas l’histoire est condamné à la revivre» .L’histoire de la RDC longtemps tronquée doit non seulement être enseignée à la postérité, mais ces statues, qui font partie du patrimoine colonial que tous devons assumer, devraient plutôt servir pour la culture et le tourisme en Belgique comme au Congo. Et à l’instar de mon grand-père, je pense qu’il rappelerait la nécessité d’un respect mutuel entre les nations.

Rédynamisation des troupes dans le cadre de la campagne “Aucune Avenue sans ECCO” à Ngaliema/Kinshasa

Qu’est-ce qui vous a poussé à faire les études de droit, et à embrasser par la suite la politique?

En fait, la profession libérale m’a toujours passionné, mais le parcours de mon grand-père a été l’élément déclencheur de mon entrée en politique. Après avoir fait des humanités littéraires au Collège Boboto à Kinshasa, et longtemps hésité entre la faculté de Droit et celle de Médecine, je jette mon dévolu sur le Droit à l’Université Protestante au Congo, plus particulièrement le Droit Public International. Je tenais à travailler dans les Organisations Internationales de défense des droits de l’Homme. Pour ce faire, après avoir obtenu en 2006 mon diplôme de Licence en Droit, j’ai passé un stage professionnel au Haut-Commissariat des Nations-Unies aux Droits de l’Homme où j’ai pu acquérir une certaine expérience…La meilleure manière pour moi de matérialiser cette vision était d’obtenir la qualité d’avocat. Et donc sans hésiter j’ai passé le concours d’admission au Barreau de Kinshasa/Matete où je suis inscrit comme avocat depuis le 30 novembre 2007. C’est grâce à cette profession, et en m’inspirant du combat de mon grand-père, que je me suis lancé en politique en 2010, après avoir exercé comme Chargé d’Etudes aux Cabinets des Vice-Premiers Ministres, Ministres de l’Emploi, du Travail et de la Prévoyance Sociale, Nzanga Mobutu et Bulupyi Galati. Après un bref passage au sein de l’Udemo où j’ai également été candidat Député National dans la Circonscription de Lukunga à Kinshasa lors des élections de 2011, je suis actuellement à ECCO!

Il y a plusieurs partis politiques connus au Congo, comme l’UDPS, PPRD et MLC, … Pourquoi ECCO?

Tout est question de vision et de conviction. J’estime qu’on ne vient pas en politique, pour accompagner des leaders, mais pour être acteur du changement que l’on prône. Et la meilleure manière de le faire, c’est d’avoir la possibilité de s’exprimer librement dans un cadre qui permet aux jeunes de se mouvoir.Et le Président National d’ECCO, Adam Bombole Intole est pratiquement le seul leader politique congolais à avoir confié les rennes de son parti à un jeune, avec pleins pouvoirs. Dès lors que vous partagez les mêmes valeurs et que vos compétences ne sont pas à démontrer, vous avez la possibilité d’accéder aux plus hautes fonctions.C’est la méritocratie qui prime à ECCO! Adam Bombole a impulsé et imprimé une capacité d’analyse et d’anticipation sur les évènements au sein de son parti qui fait que nous sommes un puissant levier, une véritable machine sur laquelle le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi, peut compter.

Quelle est l’évolution actuelle de votre parti ?

Le Parti évolue très bien. Nous avons lancé, avant la crise sanitaire, la campagne «Aucune avenue sans ECCO» sur toute l’étendue du territoire national, avant de l’interrompre du fait de la pandémie. Nous nous préparons d’ores et déjà pour les échéances électorales de 2023, en réorganisant nos différentes fédérations. Nous enregistrons aussi de plus en plus d’adhésions au sein de la diaspora congolaise.

Propos recueillis par MOSESGLO

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